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L'Éveil
aux langues
| L'approche
que l'on nomme Éveil aux langues est apparue
en Grande-Bretagne, au début des années 80,
grâce à Eric Hawkins, qui est à l'origine
du courant "Language Awareness". Les objectifs de
ce courant visaient à favoriser chez les écoliers
anglais : la décentration et le développement
d'habiletés métalinguistiques favorables à
l'entrée dans l'écrit, le passage de la langue
maternelle à l'apprentissage d'une langue étrangère
ainsi que la reconnaissance et l'enseignement des langues
des élèves issus des minorités linguistiques. |
Dans
les années 80, en Suisse, Eddy Roulet a élaboré
un cadre théorique afin de rapprocher les pédagogies
des langues maternelle et secondes, l'allemand en particulier,
et de permettre aux élèves de mieux comprendre,
à travers la diversité des langues, le fonctionnement
du langage (E.Roulet,1980). Dans les années 90, alors qu'elle
était un peu mise de côté en Grande-Bretagne,
cette approche a été rebaptisée éveil
au langage ou l'éveil aux langues, selon les
objectifs, et reprise dans le monde francophone. Elle a suscité
l'intérêt de divers groupes en Europe, notamment
à Grenoble et à Dijon en France, où des initiatives
ponctuelles ont émergé, ainsi qu'en Autriche et
en Allemagne, où deux instituts régionaux de recherche
pédagogique ont introduit officiellement une approche de
l'éveil aux langues inspirée partiellement du modèle
britannique.
Vers
la fin des années 90, le projet Evlang (Evaluation
du programme didactique européen d'éveil aux langues
"Evlang" (Socrates-Lingua, action D, 1998/2000), coordonné
par Michel Candelier, a été mené dans
plusieurs pays européens de janvier 1998 à juin
2000. Ce projet visait à décrire la mise en oeuvre
d'un curriculum expérimental d'éveil aux langues
conçu par une trentaine de chercheurs et d'enseignants et à
en faire une étude quantitative. L'étude a porté
sur un total de 150 classes.
Le programme Evlang a voulu évaluer quatre domaines d'acquisition
: les tâches de décomposition et de recomposition à
l'écrit d'énoncés en langue étrangères,
les tâches de mémorisation et de discrimination auditives
en langues étrangères, l'ouverture vis-à-vis
la diversité linguistique et culturelle et la motivation
à apprendre les langues étrangères.
En parallèle au projet Evlang, deux réseaux, moins
axés sur l'évaluation, ont largement contribué
à la diffusion d'activités d'éveil aux langues
en France : "Éducation aux Langues et aux Cultures"(ELC),
qui a été mis en place par Dominique Macaire
et "La porte des langues" coordonné par Martine
Kervran. "La porte des langues" est la branche française du
réseau innovateur européen Janua Linguarum
(Jaling), coordonné par Michel Candelier. Ce dernier
programme prolonge les activités Evlang. En effet, il vise
à implanter des activités d'éveil aux langues
dans les programmes scolaires, de la maternelle à la fin
du premier cycle de l'enseignement secondaire.
Dans
un cadre plus large, on peut dire que l'objectif général
d'Evlang et du réseau Jaling est de préparer les
élèves à vivre dans des sociétés
linguistiquement et culturellement diverses.
En
Suisse, ce sont les approches didactiques EOLE (éveil
au langage/ouverture aux langues à l'école) qui
émergent, sous la direction de Christiane Perregaux.
Les objectifs généraux de EOLE visent la construction
des attitudes et des aptitudes nécessaires pour que les
apprentissages langagiers se déroulent dans de bonnes conditions,
mais aussi :
-
l'accueil et la légitimation des langues de tous les élèves.
- la prise de conscience du rôle social et identitaire du
français / langue commune.
- le développement d'une prise de conscience du plurilinguisme
de l'environnement proche ou lointain.
- la structuration des connaissances linguistiques des élèves
par la prise en compte de diverses langues présentes ou
non dans la classe; le développement de la réflexion
sur le langage et les langues et sur les habiletés métalinguistiques;
le développement d'une perspective comparative, fondée
sur "l'altérité linguistique" et qui permet de mieux
connaître une langue (par exemple le français) à travers
l'apprentissage d'autres langues.
- le développement de la curiosité des élèves
dans la découverte du fonctionnement d'autres langues (et
de la / des sienne(s)), de leur capacité d'écoute
et d'attention pour reconnaître des langues peu familières,
de leurs capacités de discrimination auditive et visuelle,
de comparaison, etc.
- l'apprentissage d'une méthodologie de recherche concernant
la compréhension du fonctionnement des langues, de leur
rôle, de leur évolution et de leur histoire.
- le développement de stratégies pour la compréhension
des langues de mêmes familles.
- le développement d'une socialisation plurilingue.
- le développement d'une "culture langagière ".
L'historique de l'éveil aux langues que nous vous présentons
ici est largement inspiré de celui des sites européens
d'éveil aux langues, à savoir :
http://jaling.ecml.at/
et
http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perregau/rech_eole.html
Le projet ELODIL
C'est
à partir de ces approches européennes qu’un
projet d'éveil aux langues a été amorcé
au Québec en septembre 2002 par une équipe qui a pris
le nom de l'Équipe ÉLODiL (Éveil au
Langage et Ouverture à la Diversité Linguistique).
Ce projet a été, à partir de 2003, également
implanté en Colombie Britannique.
Dans une première phase, le projet ÉLODiL a repris
et adapté au contexte éducatif du Québec et
de Colombie Britannique différentes activités conçues
par les équipes d’EVLANG et d’EOLE. Dans une
deuxième phase, les nouvelles activités (identifiées
par une étoile) mettent en place des situations d’apprentissage
et d’enseignement, impliquant la réalisation d’un
projet et facilitant la co-construction des connaissances, notamment
à partir de l’exploration, par les enfants, de leur
paysage linguistique.
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